Accéder au contenu principal

Le château de Dampierre


Nous avons visité le château de Dampierre (Yvelines), construit par Jules Hardouin-Mansart au XVII siècle et situé dans un vaste parc dessiné par Le Nôtre. Le château appartient toujours à la famille d'Albert de Luynes qui l'acquit grâce au mariage de la duchesse de Chevreuse, née Marie de Rohan (1600 - 1679), avec Charles d'Albert (1578-1621), 1er duc de Luynes, Connétable de France, favori du roi Louis XIII. En 1663 le château passe à leur fils, Louis Charles d'Albert de Luynes (1620-1699), 2e duc de Luynes. C'est le fils de ce dernier et gendre de Jean-Baptiste Colbert, qui demande à Hardouin-Mansard de reconstruire le château avec le résultat qu'on peu admirer actuellement. Au même temps il demande à Le Nôtre, qui n'avait pas encore travaillé à Versaille, d'en dessiner le jardin qui alterne, comme souvent chez lui, des parterres verts semés au gazon avec d'autres de couleur brune sans rien d'autre que de la terre.

Il faut dire que ce qui avait précédé l'actuelle construction n'était pas une simple bâtisse: il s'agissait d'un château construit par les Lorrains, alors Ducs de Chevreuse, une construction exemplaire sur le style de la Renaissance, au point d'être repris et dessiné par Androuet du Cerceau dans son ouvrage sur Les plus excellents bastiments de France.

Androuet du Cerceau - Château de Dampierre
Le château de Dampierre au début du XVIII siècle

Le château passe sans grands dégâts la Révolution française: les Luynes étaient moins proches du roi Louis XVI qu'il ne l'avaient été de ces prédécesseurs et ils furent brièvement emprisonnés sous Robespierre. On raconte aujourd'hui que les habitants de Dampierre avaient aussi contribué à défendre la propriété des assauts révolutionnaires.

Après la Révolution, le duc Honoré Théodoric d'Albert de Luynes (1802-1867) fit rénover le château pour y accueillir sa collection d’archéologie et réparer les dégâts de l'humidité. En 1839 il commanda à Jean-Auguste-Dominique Ingres deux fresques, dont un seulement fut entamé mais pas terminée par le peintre. Le commanditaire et l'artiste se disputèrent à cause de la lenteur de la réalisation de l’œuvre par Ingres qui était constamment sollicité pour réaliser des commandes à Paris.










Le château et les jardins peuvent être visités. Pour plus d'informations visiter le site du château. La visite du château se fait exclusivement avec un guide. C'est qui permet d'ailleurs de mieux comprendre l'histoire de la famille. Si vous avez envie de faire une promenade dans le bois, la forêt de Rambouillet se trouve aux portes de Dampierre: nous y avons accédé par la route D58 juste avant de rentrer dans le village. Vous y trouverez des nombreux sentiers.

Photos: Antonio Ca' Zorzi

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Balade dans le Paris médiéval : l'île de la Cité et la Rive gauche

Nous continuons  notre découverte des vestiges médiévaux de Paris avec une balade dans les quartiers de la Cité et ceux de la Rive gauche. Comme nous l'avions mentionné dans le premier parcours, le quartier de la Rive gauche commence à se peupler vers le XIIIe siècle, en même temps que s'affirme le rôle de l'Université et des couvents. Le tissu urbain de la Rive droite était à cette époque composé de ruelles étroites et sombres, en effet, par manque d'espace, la construction se faisait surtout en hauteur. L'extension de l'autre coté de la Seine, Rive gauche, permettra de construire des demeures plus grandes, entourées de jardins. Le véritable développement du quartier, qui devient ainsi l'adresse chic de la noblesse parisienne, date toutefois du XVIIIe siècle. Il surplombera alors la place du Marais, quartier très prisé par l'aristocratie qui y bâtit des demeures seigneuriales de plus en plus resplendissantes jusqu’au début du XVIIIe siècle. La prome...

Palais Royal: les colonnes de Buren et la fontaine Sphérades

En entrant dans Cour d'honneur du Palais Royal, vous vous trouvez immédiatement au milieu de multiples colonnes noires et blanches de toute taille, émergeant du sol comme des arbres qui poussent. Lorsqu’on se penche par-dessus les deux puits qui se trouvent dans la cour, on s’aperçoit que les colonnes se prolongent en sous-sol. Elles déterminent donc deux niveaux, d’où le titre de cette œuvre in situ : Les deux plateaux . En 1986, sous la présidence de François Mitterrand , le Ministère de la culture et de la communication, logé dans la galerie des proues du Palais Royal, commande une sculpture pour la cour intérieure à l’artiste Daniel Buren . Cette œuvre sculpturale s’inscrit dans le cadre des grands projets de François Mitterrand, qui, dans les années 1980, souhaite transformer la ville musée en ville moderne en y introduisant l’art et l’architecture contemporains. Buren est membre fondateur du groupe BMPT (Buren, Mosset, Parmentier et Toroni), qui, dans l’esprit des années 19...

Le Temple du Bicentenaire au Champ de Mars

Les Droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme Le plan du cirque à l’antique des fêtes révolutionnaires figure évidemment en bonne place (au milieu de la porte d’airain) sur le monument de sa commémoration, dans une sorte de vue en plongée qui aurait été prise depuis la colline de Chaillot, parmi des architectures de rêve de Claude-Nicolas Ledoux et des constructions bien réelles qui vont du Colisée romain au Louvre en passant par le temple de Vesta . Si les œuvres d’Ivan Theimer nous ont habitués au fourmillement, on a ici, comme l’écrivit James Lord, biographe de Picasso et Giacometti et auteur d’un catalogue du sculpteur tchèque, « une véritable encyclopédie de textes, de symboles, d'images qui ne concernent pas seulement la Révolution, mais toutes les idées, les mots d'ordre, qui depuis les débuts de l'histoire, tendent à promouvoir la dignité humaine, la liberté et la raison. »