Accéder au contenu principal

Balade Palais Royal: la Galerie Vivienne

La galerie Vivienne
Su la rue des Petits-Champs s'ouvre l'entrée principale de la somptueuse Galerie Vivienne.
Ce fut l’une des premières galeries couvertes pour faire la jonction entre le Palais Royal et la Bibliothèque impériale, aujourd’hui nationale, commandée à l’architecte François-Jean Delannoye en 1823 par le Président de la chambre des notaires Marchoux.
D’élégantes boutiques en bois sont recouvertes d’une verrière. Partout sur les murs apparaît un décor pompéien ou néo-classique : des déesses antiques et des nymphes dansantes portant dans les mains des couronnes de feuillages, des cornes d’abondances, des bouquets de blé afin d’exalter le commerce et la richesse. Dans la galerie principale, l’ancre et le caducée, symboles de la stabilité et du commerce, rythment l’intervalle des arcades et rappellent au promeneur la proximité du Palais Royal, le souvenir du Cardinal Richelieu, ministre de la navigation, et celui de Philippe-Égalité, fondateur du prototype des passages parisiens. Sur le sol, les mosaïques évoquent les villas pompéiennes.


Walter Benjamin
Par sa proximité avec le site Richelieu de la Bibliothèque nationale Hôtel Tubeuf, la galerie Vivienne a inspiré de nombreux auteurs. Au n° 13 de la Galerie Vivienne vivait François Vidocq dont les  Mémoires  inspirèrent à Honoré de Balzac le personnage de Vautrin dans la Comédie humaine. En 1927, pendant son séjour à Paris, Walter Benjamin avait l’habitude de travailler à la Bibliothèque nationale, où il lisait Le Paysan de Paris de Louis Aragon qui l’avait tellement marqué qu’il lança le projet d’écrire le Passagenwerk (Le Livre des passages. Paris, capitale du 19e siècle).
« …Aragon, Le paysan de Paris, dont, le soir, au lit, je n’arrivais pas à lire plus de deux ou trois pages, parce que mon cœur battait si fort que je me voyais forcé d’abandonner le livre. » En effet, Benjamin rédige neuf cents pages inspirées des passages parisiens qu’il voit comme métaphore de la modernité et de son caractère éphémère. Ce livre peut être vu comme un essai d’interprétation de l’histoire de Paris du XIXe siècle avec ses formes de construction et de communication, sa portée politique et son aspiration utopique. Ce projet de Benjamin resta inachevé, car en 1940, il dut fuir les Nazis. Il tenta de s’échapper vers l’Espagne, mais à Portbou dans le village frontière, sur le point d’être arrêté, il préféra se donner la mort.


------------------
© Crédits. Texte: Ulrike Kasper, Photo: Antonio Ca' Zorzi, Wikimedia

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Balade dans le Paris médiéval : l'île de la Cité et la Rive gauche

Nous continuons  notre découverte des vestiges médiévaux de Paris avec une balade dans les quartiers de la Cité et ceux de la Rive gauche. Comme nous l'avions mentionné dans le premier parcours, le quartier de la Rive gauche commence à se peupler vers le XIIIe siècle, en même temps que s'affirme le rôle de l'Université et des couvents. Le tissu urbain de la Rive droite était à cette époque composé de ruelles étroites et sombres, en effet, par manque d'espace, la construction se faisait surtout en hauteur. L'extension de l'autre coté de la Seine, Rive gauche, permettra de construire des demeures plus grandes, entourées de jardins. Le véritable développement du quartier, qui devient ainsi l'adresse chic de la noblesse parisienne, date toutefois du XVIIIe siècle. Il surplombera alors la place du Marais, quartier très prisé par l'aristocratie qui y bâtit des demeures seigneuriales de plus en plus resplendissantes jusqu’au début du XVIIIe siècle. La prome...

Palais Royal: les colonnes de Buren et la fontaine Sphérades

En entrant dans Cour d'honneur du Palais Royal, vous vous trouvez immédiatement au milieu de multiples colonnes noires et blanches de toute taille, émergeant du sol comme des arbres qui poussent. Lorsqu’on se penche par-dessus les deux puits qui se trouvent dans la cour, on s’aperçoit que les colonnes se prolongent en sous-sol. Elles déterminent donc deux niveaux, d’où le titre de cette œuvre in situ : Les deux plateaux . En 1986, sous la présidence de François Mitterrand , le Ministère de la culture et de la communication, logé dans la galerie des proues du Palais Royal, commande une sculpture pour la cour intérieure à l’artiste Daniel Buren . Cette œuvre sculpturale s’inscrit dans le cadre des grands projets de François Mitterrand, qui, dans les années 1980, souhaite transformer la ville musée en ville moderne en y introduisant l’art et l’architecture contemporains. Buren est membre fondateur du groupe BMPT (Buren, Mosset, Parmentier et Toroni), qui, dans l’esprit des années 19...

Le Temple du Bicentenaire au Champ de Mars

Les Droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme Le plan du cirque à l’antique des fêtes révolutionnaires figure évidemment en bonne place (au milieu de la porte d’airain) sur le monument de sa commémoration, dans une sorte de vue en plongée qui aurait été prise depuis la colline de Chaillot, parmi des architectures de rêve de Claude-Nicolas Ledoux et des constructions bien réelles qui vont du Colisée romain au Louvre en passant par le temple de Vesta . Si les œuvres d’Ivan Theimer nous ont habitués au fourmillement, on a ici, comme l’écrivit James Lord, biographe de Picasso et Giacometti et auteur d’un catalogue du sculpteur tchèque, « une véritable encyclopédie de textes, de symboles, d'images qui ne concernent pas seulement la Révolution, mais toutes les idées, les mots d'ordre, qui depuis les débuts de l'histoire, tendent à promouvoir la dignité humaine, la liberté et la raison. »