La Révolution française à Paris: introduction

La liberté guidant le peuple, par E. Delacroix
Un des guides thématiques à paraître prochainement sur l'appli  Blue Lion (iPhone et Android) portera sur la Révolution française à Paris. Philippe Boisseau nous conduit sur les lieux de cette page illustre de l'histoire de France et de l'Europe. Voici une introduction au premier parcours qui nous guide du Palais Royal à la place de la Concorde.

1789, ou plus précisément 1792 c'est, en France tout au moins, la fin d'un monde. Non pas la fin de la monarchie ; il s'en faut encore deux épisodes et deux empires, pour voir instaurer durablement la République. Mais c'est, indubitablement, la fin de la société féodale. Une nouvelle organisation économique et sociale, qui a germé pendant ce XVIIIe siècle dit "des Lumières", le capitalisme, s'affirme comme le mode de production dominant. Quelle que soit la forme des régimes qui suivront cette "Grande Révolution", ils seront marqués dorénavant par la prépondérance de la classe sociale qui en est l'expression : la bourgeoisie.



La journée des Tuiles à Grenoble, par A. Debelle
La première promenade que nous vous proposons va être l'occasion d'évoquer la plupart des événements qui ont engendré ce bouleversement. Les faits de la "Révolution française" seront abordés bien sûr, mais aussi les soubresauts qui la suivront pendant plusieurs décennies. En particulier, les révolutions de 1830 et de 1848 seront retracées, et bien sûr la Commune de 1871, écrasée dans le sang par cette Troisième République qu'elle avait pourtant contribué à instaurer durablement.

Au cours des dernières décennies du XVIIIe siècle, si l'état de la société a peu changé, l'idéologie elle, a beaucoup évolué. Les philosophes des Lumières, les Rousseau, Voltaire, les encyclopédistes… ont avancé des idées reflétant la montée d'une classe qui prend une importance économique de plus en plus prépondérante, la bourgeoisie, mais qui restait politiquement le "tiers état".

1789 ne tombe pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Tout commence par… une crise financière. Les caisses royales, autrement dit, celles de la France, puisque la monarchie a tendance à les confondre, sont dans le rouge depuis le début de la décennie. Déjà en 1787 et 1788, des révoltes avaient éclatées, exacerbées par deux années de mauvaises récoltes.

Le saccage de la papeterie Folie-Titon (28 avril 1789)
Ce n'est pas à Paris que commence le processus révolutionnaire de 1789, mais à Grenoble. C'est la fameuse "journée des tuiles", révolte de la bourgeoisie dauphinoise contre une réforme qui retirait tout pouvoir aux parlements régionaux, qui amena Louis XVI à convoquer, pour la première fois depuis 1614, les États-généraux.

L'élection des députés qui devaient s'y rendre avait été l'occasion, déjà en avril, de heurts violents dans le faubourg St Antoine. Le saccage des manufactures de Réveillon et d'Henriot, et la répression qui s'en était suivie, avaient causé une centaine de morts.

Ces États-généraux, donc, s'ouvrent à Versailles le 5 mai 1789 et sont rapidement paralysés par le refus de Louis XVI de prendre en compte la revendication d'un vote par tête, et non par ordre. Le roi s'obstine. Les députés du tiers-état, rejoints par certains représentants du clergé et de la noblesse, se déclarent "Assemblée constituante".

Louis XVI fait entourer Paris par des troupes. Le 11 juillet, il renvoie Necker, son ministre des finances, apprécié de la bourgeoisie parisienne bien que jouant un jeu ambigu. Aussitôt renvoyé, Necker rejoint Bruxelles. C'est l'annonce de ce renvoi qui met le feu aux poudres.

Jack Necker, par J. Duplessis
On oublie souvent que la première chose à laquelle s'attaqua le peuple parisien, dès le 12 juillet 1789, ce furent les "barrières" : les portes de l'enceinte des Fermiers-généraux, mur d'octroi construit trois années plus tôt pour permettre de prélever des taxes sur les marchandises entrant dans la capitale. "Ce mur, murant Paris, avait rendu Paris murmurant"…écrivait Louis Sébastien Mercier, journaliste de cette époque.

La suite des événements, depuis la prise de la Bastille le 14 juillet, et ultérieurement jusqu’à la chute de la monarchie, se déroula précisément sur le parcours que nous allons emprunter. Nous allons donc commencer notre visite dans ce Palais Royal qui fut le point de départ du mot d'ordre de l'insurrection.

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Textes: Philippe Boisseau. Images: Wikimedia.
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