Balade dans le Marais: l'Hôtel de Marle

Entrée de l'Hôtel de Marle
En 1560, Hector de Marle, notable du Parlement sous Charles IX puis Henri III, fait bâtir sur les plans de Philibert Delorme (ou De l’Orme), l'architecte du Palais des Tuileries, cet hôtel dont que nous voyons ici côté cour. Le côté jardin est visible depuis la rue Elzévir. Cet hôtel, légèrement remanié au XVIIe siècle, est un exemple du plus pur style classique. Sa toiture en carène de bateau renversé est l’une des plus élégantes du Marais.

C’est en 1965 que l’état suédois rachète l’hôtel. Il est actuellement, après quelques péripéties, le siège du Centre culturel Suédois fondé par Nicodème Tessin, architecte et amoureux suédois de la culture française. Au XVIIe siècle, après un voyage d’étude, il s’inspirera des travaux de François Mansart et de Louis le Vau pour rebâtir le palais royal de Stockholm, ainsi que d’autres châteaux. Son fils poursuivra le noble métier, mais préfèrera l’inspiration italienne.


Cet endroit offre la possibilité de se restaurer, d’emprunter des livres, d’admirer la collection de l’Institut…et de prendre quelques cours de Suédois.
On peut ainsi se régaler d’une soupe du jour dans la cour d’honneur de l’hôtel, tout en se plongeant dans la lecture d’un roman policier de Sjöwall et Walhöö, parmi les premiers auteurs contemporains à connaître un certain succès à l’étranger.

Avant d’aller humer le charme frais du Square Georges Cain, il faut contempler la façade ensoleillée –car même par temps de pluie son jaune éclatant nous réjouit- de l’hôtel de Châtillon, de l’autre côté de la rue. Il nous rappelle le XIXe siècle et la vocation de ce quartier alors déclinant ; les beaux hôtels furent à cette époque occupés par des ateliers de clouterie, de cordonnerie, de petit artisanat de toute sorte. Évidemment, le maintien et l’entretien de ce patrimoine exceptionnel n’était pas du tout à l’ordre du jour, et des enseignes de ce temps survivent parfois, comme ici.

Pour localiser le lieux voir cette carte.

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Crédits: Texte Françoise Gardien. Photo: Antonio Ca' Zorzi